Hommes et femmes politiques français
    Portrait de Guillaume Dubois
    Né le 06/09/1656Brive-la-Gaillarde, France

    Guillaume Dubois naît le 6 septembre 1656 à Brive-la-Gaillarde, dans une famille modeste. Son père, Jean Dubois, est médecin, et son oncle, maître apothicaire. Éduqué par les frères de la doctrine chrétienne, il reçoit la tonsure à treize ans et part étudier à Paris en 1672, où il se distingue par son intelligence. Remarqué par l'abbé Antoine Faure, il devient précepteur du jeune Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, en 1683. Cette position marque le début de son ascension à la cour. Sous la protection de la maison d'Orléans, Dubois se spécialise dans la diplomatie secrète. En 1698, il effectue une mission en Angleterre, où il découvre les rouages du libéralisme et du capitalisme naissant. De retour en France, il devient un conseiller influent du duc d'Orléans. À la mort de Louis XIV en 1715, la Régence s'ouvre, et Dubois en devient l'un des acteurs majeurs. Il entre au Conseil des Affaires étrangères en 1717 et devient secrétaire d'État des Affaires étrangères en 1718, après la fin de la polysynodie. Dubois œuvre pour une alliance avec l'Angleterre, négociant la Triple Alliance de 1717 pour contrer les ambitions espagnoles du cardinal Alberoni. En 1720, il est nommé archevêque de Cambrai, puis cardinal en 1721, bien qu'il ne maîtrise pas les rites ecclésiastiques. Son influence culmine en 1722 lorsqu'il devient principal ministre d'État, un poste qu'il est le premier à occuper depuis Mazarin. Il tente de redresser l'économie française après les échecs du système de Law et ralentit la persécution des protestants. Sa vie privée, marquée par des mœurs dissolues et une maîtresse influente, Madame de Tencin, lui attire de nombreuses critiques. Ses ennemis lui reprochent son opportunisme et son manque de piété, bien que ses talents diplomatiques soient reconnus. Il meurt le 10 août 1723 à Versailles, trois mois avant son protecteur, le Régent Philippe d'Orléans. Son tombeau, initialement situé dans la collégiale Saint-Honoré, est transféré à l'église Saint-Roch à Paris après la Révolution.